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Transcription

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Je tourne en rond.Oups !Qu’est-ce que… Oh !De vieux souvenirs.

00:18

Je peux déjà deviner où va la question sur l’aspirateur.

00:23

Allons-y. Des ventes porte-à-porte à un poste de direction chez FlixBus… Qu’as-tu appris sur le leadership que aucun manuel ne pourrait t’enseigner ?

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Mon premier vrai travail, avec un contrat et un salaire comme tout le monde,c’était chez Vorwerk, une entreprise spécialisée dans la vente porte-à-porte,principalement d’aspirateurs.

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Aujourd’hui, ils ont d’autres produits,mais à l’époque c’était surtout des aspirateurs. Et si tu les appelais juste « aspirateurs »,ils t’auraient tué, parce que pour eux, c’était des « systèmes de nettoyage » avec tout un bla bla marketing derrière.

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Je recrutais des gens. Bon, recrutement très basique :tout le monde pouvait le faire, il suffisait de vouloir. Ce n’était pas une sélection du type « toi oui, toi non ».

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Puis on leur apprenait à vendre en porte-à-porte.

01:10

On leur montrait comment fonctionnait l’aspirateur, ce n’était pas compliqué,mais surtout on leur apprenait les techniques de vente.

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Parce que tu peux imaginer que quelqu’un qui sonne chez toi,ce n’est pas la situation la plus favorable pour vendre.

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Même en faisant tout parfaitement, sur 100 portes,j’obtenais probablement 95 « non » et 5 « oui ».

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Et tout le travail, c’était pour décrocher ces 5 « oui ».

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Chaque « non » n’était pas une insulte personnelle,ni la preuve que j’étais incapable de faire mon travail.

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C’était simplement une étape nécessaire pour arriver au « oui ».

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L’important, c’est de continuer à croire en ce que tu fais.

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D’un certain point de vue, ça a été une grande école de persévérance,mais aussi une école de la réalité.

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Parce que quand on te disait que tu n’étais pas pris,cela voulait dire qu’on pouvait trouver absolument n’importe qui prêt à vendre des aspirateurs :depuis la personne avec un diplôme universitaire qui n’a pas trouvé d’autre travail,jusqu’à celle qui n’a jamais travaillé de sa vie, qui a peut-être juste terminé le lycée,qui a du mal à s’exprimer correctement,parfois un peu désordonnée, avec tout mon respect.

02:27

Donc tu rencontres des gens de tous horizons, et malgré ça, tu dois trouver la clé pour établir une relation. Parce que, comme je disais, ils doivent avoir confiance en toi et en ce que tu dis. En réalité, tu es leur Virgile dans ce voyage porte-à-porte.

02:43

Et si cette confiance n’existe pas, ils se démotiveront dès la troisième ou quatrième "non" ?

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Quand j’ai commencé mes études, je n’aurais jamais imaginé devenir formateur de vendeurs porte-à-porte.

02:55

Et pourtant, cela a été très utile parce que j’ai appris qu’on peut tirer quelque chose de chaque contexte, de chaque situation,on peut apprendre quelque chose.

03:10

Il n’existe jamais un contexte totalement perdu, totalement inutile,complètement en dehors de ce qui peut devenir ton parcours professionnel.

03:18

Et je crois que l’une de ces leçons, c’est la persévérance que tu peux avoir ou non, et aussi le fait d’apprendre à reconnaître la différence chez les autres.

03:28

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’inclusion comme si c’était un mantra, mais en réalité on crée souvent juste d’autres catégories.

03:37

La vraie inclusion, c’est aussi accepter celui qui pense que l’inclusion n’est pas une bonne chose.

03:44

C'est son opinion.Tu peux essayer de le faire changer, mais sinon ce n’est pas grave.

03:50

Ne faisons pas du « toi oui, toi non », « toi tu es bon, toi tu es mauvais »,sinon on contredit le principe même d’inclusion.

03:57

Et c’est pour ça qu’il faut vivre, multiplier les expériences.

04:04

Au final, je suis resté cinq ans chez Vorwerk, donc ce n’était pas une période insignifiante.

04:13

Même si, mon rôle n’avait rien à voir avec ce que j’ai fait ensuite en Ressources Humaines, c’était une formation,un apprentissage énorme. Et je pense que je ne serais pas là aujourd’hui sans cette expérience spécifique avec les aspirateurs.

04:31

Et puis il faut aussi des coups de chance : être au bon endroit au bon moment.

04:36

Parce qu’on croit souvent que tout ce qu’on a, on l’a mérité se trouver dans une situation qui vous aide ensuite à exprimer ce que tu peux exprimer. Après, à toi de jouer.

04:51

Mais sans un peu de chance, on n’arrive nulle part.